Le transport vert en 2026 : ce que nous avons testé, ce qui fonctionne, et ce qui n'est pas encore prêt

 

Dans le secteur du transport, tout le monde parle de la transition énergétique. Mais entre les discours et la réalité sur le terrain, il y a souvent un fossé. Chez Van Mieghem Logistics, nous avons choisi de tester, d'adopter, et d'être honnêtes quant au niveau de maturité de chaque solution.

Voici notre retour d'expérience.

 

Le camion 100 % électrique : résultats opérationnels sur le terrain

Nous avons intégré deux véhicules électriques complémentaires dans notre flotte, chacun répondant à un segment spécifique de nos opérations.

Le Mercedes eActros 400 — notre premier camion électrique, avec une autonomie réelle de 400 km — a désormais parcouru plus de 175 000 km en conditions réelles. Il s'est imposé comme un excellent véhicule pour la distribution urbaine et régionale : zéro émission directe, groupe frigorifique électrique, et des performances fiables sur ses itinéraires d'exploitation.

Le Mercedes eActros 600, en service depuis cinq mois et demi, a déjà cumulé 55 000 km. Un véhicule très abouti, avec une autonomie bien adaptée aux trajets moyens et longues distances : les premiers résultats sont très satisfaisants et confirment la pertinence de cette technologie pour un éventail plus large de nos flux.

Une limite persistante demeure : le transport international longue distance souffre encore d'une infrastructure de recharge insuffisante en Europe, et les temps de charge pèsent sur les plannings. La transition avance, mais l'écosystème doit encore suivre le rythme.

 

HVO (Huile Végétale Hydrotraitée) : le meilleur compromis aujourd'hui

C'est probablement la solution la plus immédiatement déployable à grande échelle. Certains de nos véhicules fonctionnent déjà au HVO, avec une réduction des émissions de CO₂ pouvant atteindre 90 % par rapport au diesel conventionnel. Aucune modification moteur nécessaire, aucun changement d'infrastructure. C'est une transition fluide, efficace et totalement compatible avec nos flux européens actuels.

Deux contraintes réelles limitent toutefois son déploiement massif : le HVO est nettement plus cher que le diesel classique, et sa disponibilité reste bien plus limitée — toutes les stations-service n'en proposent pas, et l'approvisionnement à grande échelle n'est pas garanti sur l'ensemble de nos routes. Sans cofinancement des clients ou incitations publiques, le modèle économique d'un basculement total de la flotte est difficile à défendre.

 

Éco-combis : plus de capacité, moins de camions

Nos deux éco-combis transportent chacun 53 palettes — l'équivalent de trois remorques standard en un seul trajet. Moins de véhicules sur la route, une réduction de 30 % du CO₂ par tonne transportée, des coûts opérationnels réduits. Les gains d'efficacité sont évidents.

Le principal obstacle n'est pas opérationnel : c'est la législation de l'Union européenne. Les éco-combis restent soumis à des autorisations restrictives et partielles en Europe, alors que nos voisins néerlandais permettent depuis longtemps un déploiement plus large de ces combinaisons. Le ring de Bruxelles reste interdit, et le cadre réglementaire a à peine évolué depuis le lancement de la phase pilote en 2016.

Une technologie éprouvée, freinée par l'inertie réglementaire.

 

Hydrogène : la solution longue distance zéro émission de demain

Nous testons également un camion à hydrogène d'une autonomie de 400 km — un prototype fonctionnant à 350 bars, démontrant le potentiel de cette technologie pour le transport longue distance zéro émission.

La technologie est prometteuse, mais son déploiement à grande échelle reste prématuré : l'infrastructure de ravitaillement est extrêmement limitée en Belgique, et la technologie elle-même est encore au stade du prototype et de la validation opérationnelle. Une solution à suivre de près à mesure que l'écosystème énergétique mûrit.

 

Optimisation des itinéraires via notre TMS

Notre système de gestion du transport développé en interne nous permet d'optimiser les itinéraires et de réduire systématiquement les kilomètres à vide. Moins de trajets inutiles, c'est moins d'émissions. Ce n'est pas toujours visible, mais l'impact cumulé est significatif.

 

Notre conviction

Il n'existe pas de solution miracle unique. La transition vers un transport plus vert se construit sur une combinaison de décisions concrètes, testées sur le terrain et adaptées à chaque type de flux. Chez Van Mieghem Logistics, nous avançons de manière méthodique, sans greenwashing.